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De la vérité des urnes à la transition : Lamuka, suite et fin

Ce samedi 30 novembre, Adolphe Muzito succédera à Jean-Pierre Bemba à la tête de Lamuka, cette plateforme qui avait soutenu la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle de 2018.

Le nouveau Dirigeant est d’or et déjà connu pour ses accointances avec Martin Fayulu. Certains Congolais le qualifient de disciple obséquieux de Mafa. Ses sorties intempestives en disent long. Le présidium est censé se réunir cette semaine pour préparer la passation du bâton de commandement. Mais il est de prime à bord impérieux de se questionner sur le bilan trimestriel du prédécesseur de Muzito Adolphe, avant d’accorder du crédit à la fameuse présidence. Aucune rencontre formelle, aucune déclaration ou initiative. Pas non une concertation en vue. Mais lui, Adolphe Muzito place déjà son mandat sous le signe de la continuité de la lutte pour la vérité des urnes et de l’unité des leaders de Lamuka. Curieux!

Pourtant, à aucun moment, personne d’entre eux n’a avoué qu’il y avait dissension au sein la plateforme, nonobstant les tirs croisés et la l’incompatibilité des visions entre leaders. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba semblent évoluer en électrons libres et ont visiblement tourné le dos à Lamuka, devenu un tigre en carton. L’aventure se calque sur l’histoire de sept patrons de Langa Langa star. Le Premier Ministre honoraire, discipline fidèle d’un candidat à la présidentielle croit, lui, inventer la roue. Il ignore sciemment qu’il n’a aucune marge de manœuvre pour redonner vie à la plateforme qui se meurt à petit feu. Lamuka est aux soins intensifs, au coma à vrai dire.

Citerne lézardée

Lamuka n’existe actuellement que de nom. Elle s’apparente à un colosse aux pieds d’argile. De la vérité des urnes à la proposition d’une transition de 18 mois, l’homme reste dans la logique de Genève de faire un mandat de deux ans et organiser des élections plus inclusives. A première vue, Mafa se comporte comme l’autorité morale de Lamuka. Rôle que lui dénient les coprésidents. Mais avec l’arrivée de Muzito, la déconfiture n’est qu’une question de quelques mois.

La dissolution est évidente et même imminente. Parce que ce roi, éventuellement le dernier de Lamuka, avait déjà frustré les autres leaders en affirmant que Fayulu le dépassait tous. A l’heure actuelle, chaque leader peaufine dans son coin ses propres stratégies pour sa survie. Chacun tient à récupérer ce que Fayulu lui avait volé comme succès. Oui, il leur avait volé la vedette. Le nouveau Chef de l’église qui professe la vérité des urnes va courrousser davantage ses compairs qui se verront obligés de lâcher officiellement. Le mandat de Muzito ne sera qu’une suite logique qui consacre la fin de l’aventure.

 

Édouard Bajika

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