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Scènes de ménage à répétition : Le PPRD sur les traces du MPR

Le PPRD, Parti politique cher au Président de la République honoraire ne cesse d’alimenter l’actualité en polémiques improductives. Les déclarations fracassantes de ses dignitaires sont perçues par leurs alliés du CACH comme des provocations, dans le dessein inavoué de créer une crise et profiter de leur majorité parlementaire pour évincer le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi. Les mêmes qui avaient poussé le feu Mobutu à la faute, tentent de rééditer l’événement de triste mémoire. Ils regrettent d’avoir perdu la présidentielle de 2018 et veulent à tout prix revenir au pouvoir. S’ils ne prennent pas garde, la situation se retournera contre eux et leur Parti PPRD a toutes les chances de disparaitre à l’instar du MPR.

 Plusieurs hauts cadres du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) se livrent depuis un bon bout de temps à des déclarations intempestives qui suscitent moult débats et sont sujets principaux de toute conversation. Est-ce une stratégie de distraire leurs alliés du Cap pour le Changement (CACH) ? « Non !Plutôt pour les pousser à la faute et créer une crise artificielle », affirment les membres du Cercle des jeunes leaders congolais.

La presse en parle et la population en discute. « C’est le Front Commun pour le Congo (FCC) qui a et qui contrôle le pouvoir », s’en targue un Cacique du Pprd, « c’est Joseph Kabila qui reste l’homme fort, car il détient la majeure patrie du pouvoir », rumine le même responsable. « Félix Tshisekedi est Président par la volonté de Joseph Kabila et non de la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) », tempêtait un Cadre du même Parti.« Le dauphin de Kabila n’avait pas échoué aux élections, c’était juste une stratégie », révélait un autre Cadre, et non le moindre.

Au-delà du rideau et pour les communicologues qui savent faire l’analyse du langage, ces affirmations cachent une anguille sous roche, elles convergent toutes vers un seul message : « Félix Tshisekedi dirige le pays par le bon vouloir de son successeur ».Quand ces édits font l’Etat-major de l’actualité, le revirement est spectaculaire, vertigineux pour ceux qui ont le bon sens. Des explications sont données comme correctifs, mais malheureusement pour se blanchir avec de l’encre noir.

C’est ici qu’il faut de la sagesse

« Ce sont des provocations, répondons-leur par silence pour éviter ce qui était arrivé entre Kasa-Vubu et Lumumba », conseille un ancien collaborateur du feu Etienne Tshisekedi. Somme toute, ces discours déconcertants créent l’ambivalence et amènent à deux hypothèses. Premièrement,le PPRD est essouflé et se lance à la recherche de l’oxygène au gré des vagues. La réussite du Chef de l’Etat Félix-Antoine là où ils les prédécesseurs avaient échoué durant deux décennies, leur donne des insomnies.

Pourtant,ces quelques réalisations, la diplomatie et la détermination du fils héritier du Sphinx de Limete, semblent le seul espoir aux Congolais de recoller leurs morceaux d’existence brisée. Et pour endiguer cette ascendance et espérer revenir en 2023, un seul remède s’impose : déstabiliser le premier des Congolais, inventer des subterfuges pour le décourager, sinon, leur Parti disparaitra comme la rosée du matin.

Deuxièmement, pour rassurer leurs ouailles longtemps suspendues à leurs mamelles et visiblement en quête d’un néo nourricier, certains ténors du PPRD se livrent en spectacle qui s’apparente à un combat perdu en avance, tel Don qui chotte et le moulin à vent.Pour revitaliser et galvaniser les troupes, il faut leur dire des choses qui les chatouillent, sinon s’accomplira l’insolite de « l’Oncle ne songe plus à son neveu malgré qu’ils blaguaient ensemble, les talons au niveau de la nuque ».Oui, c’est aussi une stratégie : démoraliser l’adversaire pour le contraindre à la bêtise.

De toute évidence, ces discours démontrent à suffisance que le Parti du Raïs détiendrait le secret d’un deal politique négocié par l’Autorité morale contre leur volonté. Leur courroux les fait rougir et penser nostalgiquement aux privilèges d’antan, perdus.Pourtant, Shakespeare révélait un jour : « Le monde entier est un théâtre à tous, hommes et femmes sont des acteurs. Ils ont leurs entrées et leurs sorties ».Que ceci donne à penser.

Leurs alliés du CACH ont-ils compris le jeu ? Pas tous. Beaucoup s’y frottent et s’y piquent. Pourtant, le FCC a déjà paré à toute éventualité. Un Impeach menten vue ? Certains cadres du CACH ne le présagent guère. Les deux plateformes politiques se lorgnent, s’épient sans cesse et se toisent sans relâche.Ils semblent jouer au Colin-Maillard.Mais les conséquences d’un tel jeu juvénile sont réelles et néfastes. Dans ce jeu, tous les coups sont permis, car il ne s’agit pas d’un combat classique.

Le CACH évite le crash

Le Président de la République le voit-il ? Comprend-t-il ce jeu ? Pourquoi reste-t-il en silence ? « Oui, il le voit et le comprend mieux que quiconque. Son silence fait éviter au CACH le crash », aux dires des uns et témoignages des autres. Les fins limiers de Progrès Hebdo rassurent que Félix Tshisekedi utilise le proverbe d’Abraham Lincoln :«Quand vous tenez un éléphant par la patte arrière et qu’il tente de s’échapper, mieux vaut le laisser filer ».

Les dix-huit ans de règne du PPRD, ajouter à cela les quatre ans de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), s’apparentent aux trente-deux ans de Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). Du temps de Mobutu, ses dignitaires avaient comme récemment une arrogance incommode, un orgueil sans précédent.  Les dirigeants spoliaient, volaient, tuaient et intimidaient sans être inquiétés. Mais quand on frappa le berger, toutes brebis furent dispersées.

« Au regard des bévues commises endéans son règne, le PPRD devrait garder silence par élégance et observer le changement qu’apporte une nouvelle génération », conseille un Haut-Cadre du CACH. Et ce dernier d’ajouter : « Certains membres du PPRD poussent leur Autorité morale à la faute ».

Après tout son apogée, le MPR s’est volatilisé. Actuellement il n’y a ni chanson ni propagande du Parti unique, le Mouvement populaire de la révolution. Les survivants ont changé de disque et se sont fondus pour la plupart dans le FCC. Les mêmes qui entêtaient Mobutu, ne parlent plus jamais de ce dernier. Les Cadres du PPRD devaient appuyer le changement tant attendu par le peuple, au lieu de le combattre. Si non son sort sera pareil à celui du MPR. Il eut un soir et il y eut un matin.

 

Edouard BAJIKA 

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