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Vérité des urnes : Muzito rejoint Katumbi

Le nouveau Coordonnateur de Lamuka se résout par-devers les objectifs qu’il s’est assignés pour son mandat trimestriel, de savonner âprement le pouvoir de Félix, notamment sur sa gestion qu’il qualifie de calamiteuse, avec des chiffres à l’appui. Pour des analystes rompus, ce coin de voile levé illustre que même en étant disciple docile de Fayulu, Muzito rejoint l’idée de Katumbi de faire une opposition républicaine et constructive. Est renvoyé aux calendes grecques, le combat pour la restauration de la vérité des urnes, même si, pour contenter son Maestro, le néo leader en fait mention dans ses interventions.

La passation du pouvoir entre le Coordonnateur entrant Adolphe Muzito et sortant Jean-Pierre Bemba a vécu à Kinshasa dans la soirée du lundi 02 décembre. Après trois jours de tractations teintés des propos peu courtois d’un cadre de cette plateforme à l’endroit du Président du Mouvement de Libération du Congo (MLC), Jean-Pierre bembaa finalement formaliséce que le nouveau Coordon rêvait depuis la nuit de temps. Une cérémonie qui a eu lieu en l’absence non motivée de deux autres leaders, à savoir Moïse Katumbi et Martin Fauyulu. Un mauvais présage.

D’entrée de jeu, Muzito annonce déjà ses couleurs. Il va œuvrer pour l’unité des leaders de sa plateforme politique Lamuka, pour la poursuite de la lutte pour la vérité des urnes.Chiffres à l’appui, il démontrera schématiquement commentle pouvoir en République Démocratique du Congo (Rdc) est illégitime, fait des promesses d’ivrogne et se spécialise en démagogie. Il compte montrer que le Chef de l’Etat  n’a aucune marge de manœuvre pour améliorer le social de la population congolaise qui broie du noir.

Voilà la mission que s’assigne le premier d’entre les quatre leaders, gardiens du temple « crevassé » de Lamuka. Lui au moins a des ambitions que certains analystes qualifient de démesurées. Partant des propos et missions de ce nouveau dirigeant Muzito, le monde se demande si cette organisation n’a pas un vade-mecum.  Nulle part, il ne parle de la proposition d’une nouvelle transition de dix-huit mois, tel que préconisé par son Maitre Martin Fayulu. Il ne montre malheureusement pas en quoi consistera ce combat pour la vérité des urnes.Il ne dit pas ce qu’ont fait ses prédécesseurs, et qu’est-ce qui reste à faire. Visiblement, c’est chaque Coordonnateur qui invente ce qu’il doit faire.

Les Coordonnateurs honoraires

Après le mandat exercé par une autorité, le commun de mortel s’interroge toujours sur son bilan. Il s’agit de grandes réalisations, de réformes importantes apportées endéans l’exercice de son pouvoir. C’est ce qui permet de jauger et tirer les conclusions sur la gestion ou mandat d’un dirigeant. Depuis que Lamuka a vu jour, deux Coordonnateurs se sont déjà succédés. Même les politiciens les plus érudits, personne n’est en mesure de parler de la gestion de ces deux leaders à la tête de leur plateforme.

L’imbroglio et la disharmonie vont crescendo. La population n’a pas une idée claire sur ce que ces dirigeants devaient faire, ce qu’ils ont réalisé et ce qui a disjoncté.« Une chienne qui a une queue coupée n’a plus rien à cacher aux chiens », dit un proverbe africain. Et Henri David Thoreau de paraphraser : « Il ne suffit pas d’être occupé. L’important, c’est ce qui nous occupe ». Un flou persiste sur ce fameux regroupement qui avait pourtant donné de l’espoir aux Congolais à sa genèse.

« Je pourrais danser avec toi jusqu’à ce que les vaches rentrent à l’étable. A laréflexion, j’aimerais mieux danser avec les vaches jusqu’à ce que tu rentres à la maison », ironise Groucho Marx.A la lumière de cette maxime, plusieurs observateurs ne rechignent pas à cause de la confiance accordée une structure politique qui s’apparente à un dragon à quatre têtes. Oui, un monstre pour grimacer et un robot pour plaisanter.

Katumbi a raison

Muzitose dit déterminé à charcuter le Chef de l’Etat, avec des chiffres er preuves à l’appui. Il révélera bon nombre de promesses faites par le fils du Sphinx de Limete, mais non réalisées. Il s’adonne également à saucissonner la coalition FCC-CACH qu’il traite de tous les nous des oiseaux, laquelle coalition à la base de tous les péchés d’Israël, selon lui. Au moins là, c’est une bonne nouvelle que Fayulu n’avait jamais évoquée dans ses dithyrambes, lui, « le Président élu et légitime ». Critiquer positivement et négativement le pouvoir en place, voilà pourtant l’idée et la vision de Moïse Katumbi. La vérité des urnes étant surannée, il est de bon aloi de jouer le rôle de contrepoids au pouvoir afin de construire un Congo plus beau qu’avant. Et Adolphe Muzito l’a si bien compris implicitement, malgré ses invectives au pouvoir.

Faire une opposition républicaine, c’est tout ce qui reste à cette plateforme politique dont les membres s’égrainent au fil de temps. Après Mbusa Nyamuisi, Freddy Matungulu, Lamuka s’apparente à un serpent coupé en deux et qui continue à s’agiter. Un serpent sans tête.Les prochains partants sont déjà connus. Il s’agira inévitablement de Moïse Katumbi, absent à la passation du pouvoir du lundi 02 décembre à Kinshasa. Ce dernier est aux antipodes du « Président légitimement élu ».

C’est par élégance que le Président de l’Ensemble traine les pas avant de claquer définitivement la porte. Le leader du MLC est aussi partant. Lui aussi voit les choses autrement que le duo Fayulu-Muzito. Dans la proposition d’une transition de dix-huit mois, Fayulu se tape la part du lion comme Coordonnateur du Conseil pour la réforme des Institutions du pays, secondé par son disciple Muzito. Les deux leaders naturels du Katanga et de l’Equateur ont déniché la face cachée de leurs compères qui luttent pour eux-mêmes.

Une telle combine n’a pas de longs jours, sa désinvolture ne durera pas plus que la rosée du matin. D’ailleurs, selon certaines indiscrétions, Katumbi est déjà affleurant, Bemba est à la porte du Front commun pour le Congo (FCC). Ce dernier a difficile à évoluer dans l’opposition. Son mariage avec le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) n’a jamais rompu, malgré le semblant apparent. Les députés nationaux du FCC ont d’ailleurs voté massivement pour le Rapporteur adjoint de l’Assemblée nationale, un membre du MLC. La reprise du concubinage PPRD-MLC est une question de quelques jours.

 

Edouard BAJIKA

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